UA-140390347-1 Un chef chouan dans la tourmente | Château de Bourmont

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Un chef chouan,

soldat et agent clandestin du nom de Renardin

(1790-1800)

Le jeune Bourmont revient clandestinement en France en 1794. Il fait connaissance avec les chefs vendéens et sert comme agent de liaison des princes en exil et de l'agence royaliste de Paris. Il est rapidement reconnu pour ses qualités politiques.

Le comte Joseph de Puisaye écrit de lui au printemps 1795 : "Bourmont a de l’activité et des moyens que sa jeunesse lui permet de développer sans inspirer de la méfiance ; il sera chargé d’aller et de venir continuellement des chefs des Chouans aux Vendéens, et des agents au conseil du Roi et à Wickham - représentant anglais auprès de Louis XVIII - , mais incognito."

 

Il est aussi remarqué par ses qualités militaires et s'engage dans l'Armée catholique et royale du Maine, d'Anjou et de Haute-Bretagne sous les ordres du général de Scépeaux dont il devient le commandant en second. Il est notamment l'organisateur des "chasseurs de Bourmont": un corps d’élite de 200 hommes avec à leur tête : Guéfontaine et d’Andigné, un escadron composé d’anciens soldats, de déserteurs républicains et d’émigrés qualifiés et habitués à cette discipline pour servir de noyau aux compagnies volantes de Chouans. Après la prise du quartier général chouan à l'abbaye de Pontron par les Républicains, cette armée, forte de 15 000 hommes, établit son quartier général au château de Bourmont à l'hiver 1795 .

On lui confie plusieurs missions auprès des princes en 1795 et 1796 afin de les convaincre de prendre la tête du soulèvement royaliste, notamment auprès du comte d'Artois, qu'il rencontre à Edimbourg. C'est à cette occasion qu'il reçoit la croix de St Louis en même temps que le duc d'Angoulême, fils du comte d'Artois. Ces missions étant des échecs, Bourmont rentre clandestinement en France en 1796, débarque à Cancale et réchappe à une attaque au cours de laquelle les Républicains dérobent la correspondance secrète qui est en sa possession.

Lorsque Bourmont revient dans sa demeure, celle-ci a été incendiée et ravagée après deux attaques (lettre d'Hédouville à Hoche en date du 20 février 1796). Les biens de Bourmont sont mis sous séquestre puis vendus. Il adresse alors un mémoire au Directoire pour demander notamment la suspension de la vente de ses biens. Celui-ci portera en marge : « Rejeté. Ce Bourmont est d’ailleurs un des hommes les plus dangereux. »

Le général de Scépeaux, Georges Cadoudal et Louis de Frotté ayant déposé les armes, Bourmont, inscrit sur la liste des émigrés est exilé à Berne (en Suisse) où il est conduit sous escorte. De là, il œuvre clandestinement pour préparer des élections prévues en France au printemps 1797. Il mène une importante activité de propagande royaliste en Normandie et malgré une victoire électorale sans appel, une nouvelle répression impitoyable est déclenchée contre son camp.

Persévérant et tenace, le comte de Bourmont poursuit pourtant une intense activité diplomatique en Europe et trace des plans politiques et militaires pour poursuivre le combat en se passant du soutien de l'Angleterre, qui se fait bien discrète…

En juin 1799, il a 27 ans lorsqu'il prend le commandement en chef de l'armée du Maine, du Bas-Vendômois, Perche et Pays chartrain.

"Baudrouet vous dira qui est Renardin.

C'est l'homme de la chose, l'homme intelligent,

l'homme que je choisirais pour me remplacer:

c'est enfin un autre moi-même, un autre vous-même;

il vous faut un commettant tel que lui.

Qu'il n'y ait que vous et nous qui le connaissions, 

il peut nous rendre des services éclatants." 

 

Lettre de Georges Cadoudal en date du 24 novembre 1799

 

 

Georges Cadoudal

Un chef de guerre irréductible....contraint à la pacification (1799-1800)

Lors de la conférence de la Jonchère à Pouancé chez les d'Andigné le 15 septembre 1799, un conseil de guerre réunit des généraux chouans et vendéens qui décide l'insurrection (Georges Cadoudal se lève en criant: "La Guerre! La Guerre!").

Dans la nuit du 12 au 13 octobre 1799, le jeune Bourmont prend par surprise la ville du Mans: victoire qui a un grand retentissement dans l'Ouest. D'autres villes tombent. Les événements semblent favorables aux royalistes...Mais Bonaparte débarque alors à Fréjus et fomente le coup d'Etat du 18 Brumaire (9 novembre 1799). A un régime politique instable (le Directoire) succède un gouvernement ferme aux décisions rapides (le Consulat).

 

Bonaparte, préoccupé par la situation dans l'Ouest, veut obtenir une pacification rapide et nomme le général Hédouville pour mener à bien cette mission. Bourmont est amené à négocier et en raison de sa souplesse d'esprit et de la force de ses armes, il est nommé représentant d'autres chefs royalistes tels que Châtillon, Frotté, la Prévalaye, Suzannet, d'Autichamp. Il impose ses conditions, fait traîner les négociations en longueur et ne signe la paix que l'avant-dernier. Il finit par se résoudre à une paix inévitable mais refuse de rallier la République. Sa loyauté s'exprime dans une lettre de Georges Cadoudal (écrite le 29 janvier 1800): 

"Si tous les autres chefs jugent la paix nécessaire, je la ferai aux mêmes conditions qu'eux...

Je ferai ce sacrifice à l'union du parti royaliste. Ainsi, le parti auquel vous vous déciderez sera le mien.

Comptez sur moi jusqu'à la mort. Votre conduite sera toujours la mienne."

 

Bourmont signe la paix le 4 février 1800 et Georges Cadoudal le 13 février. Pourtant l'exécution de Frotté, l'intransigeance du général Brune et l'impatience de Bonaparte conduisent Bourmont à de suprêmes résistances...

"Ne quittez vos bottes que lorsque vous l'aurez détruit."  Napoléon Bonaparte

 

Une lutte singulière s'instaure alors entre Bourmont et Bonaparte. Celui-ci ne peut tolérer cette "paix armée" entre Blancs et Bleus et demande que les troupes de Bourmont rendent leurs armes. "Bourmont nous joue, écrit-il à Hédouville le 13 février, il n'a rendu ni ses canons ni ses armes. Donnez l'ordre à vos troupes de marcher contre ce rebelle. (…) Ne quittez vos bottes que lorsque vous l'aurez détruit." 

Hédouville reçoit l'ordre de poursuivre Bourmont à outrance, ordre transmis le lendemain à Bourmont qui lui fait une réponse très habile et qui fera écrire à Bonaparte: "Je trouve fort bonne la réponse de Bourmont que vous m'avez envoyée."

Mais quel est ce nouvel homme fort? Quel va être son destin? Est-il prêt à aider les royalistes à rétablir les Bourbons sur le trône? Bourmont, contraint de déposer les armes, se rend à Paris pour rencontrer le premier Consul.